Jean-Baptiste Marsaud : « La digitalisation est l’axe prioritaire »

Jean-Baptiste Marsaud

Kapp10 a interrogé cette semaine Jean-Baptiste Marsaud, directeur administratif de la Fédération Française de Boxe.

« La digitalisation est l’axe prioritaire, il nous faut rattraper le retard », Jean-Baptiste Marsaud.

Introduction

Jean-Baptiste Marsaud travaille au sein de la FFBoxe depuis 10 ans, d’abord en tant que Chargé de Communication puis Directeur de la Communication et depuis 3 ans, Directeur Administratif.

Son activité comprend trois volets distincts ; le management, la gestion financière et la mise en application des projets fédéraux.

Aujourd’hui, Dominique Nato, président nouvellement élu en mars 2021, souhaite placer la digitalisation comme axe prioritaire dans les projets de la fédération. De plus la délégation du Mixed Martial Arts (MMA), obtenue par la FFBoxe en janvier 2020 sert de laboratoire à la boxe dans sa façon de gérer sa digitalisation.

Interview 

Quelle est la conjoncture actuelle autour de la FFBoxe, post-COVID ?

La boxe étant un sport de contact, nous faisons partie des sports ayant le plus subi la crise et nous avons constaté l’impact sur l’engagement de nos licenciés.

Avant l’apparition du COVID, la fédération comptait 55000 licenciés avec une augmentation entre 7% et 10% chaque saison. Entre 2020 et 2021 ce nombre a chuté pour atteindre les 25000 licenciés. Maintenant, grâce aux initiatives des clubs et une relance de l’activité par les compétitions, la fédération compte aujourd’hui 45000 licenciés.

Les clubs ont de nouveau ouvert mais on s’aperçoit que les pratiquants sont plus réticents à s’engager dans une prise de licence du fait du contexte incertain.

 

Au vu de cette situation, par quel(s) moyen(s) pourriez-vous fidéliser vos licenciés ?

Auparavant la fédération tenait un slogan qui était : « Venez-vous licencier à la fédération et vous serez assuré ». Cependant aujourd’hui c’est un discours qui ne suffit plus. Certes, les garanties d’assurance comprises dans la licence sont importantes, qui plus est pour un sport de percussion, mais le pratiquant est en droit d’attendre une réelle plus-value.

Nous avons modifié notre stratégie pour proposer une offre de services, les licenciés sont attirés par des tarifs moins chers, notre nouvelle devise consiste à leur proposer une licence à laquelle ils peuvent en tirer des avantages et participer à des projets.

La firme sport de combat d’Adidas (Double D) est devenue l’équipementier officiel de la Fédération Française de Boxe, et ce jusqu’en 2025. Nous faisons bénéficier à nos licenciés de 10% de promotion sur les produits de la marque présents en boutique. Nos partenariats sont utiles pour fidéliser les licenciés, leur faire bénéficier d’une offre est une manière de les convaincre. Nous souhaitons multiplier les partenariats de ce type qui bénéficient directement aux licenciés et clubs affiliés.

 

Comment se renouveler et donner envie aux jeunes de pratiquer ?

Depuis le début de la saison nous avons mis en place un système de grade appelé « gants de couleurs » (G2C), similaire aux ceintures en judo. Nous cherchons à fidéliser les jeunes pratiquants avec une vision du sport plus éducative et ludique. Le fait de lui donner des objectifs, l’envie de progresser, va motiver le jeune et le moins jeune à poursuivre sa pratique.

Ce nouveau système s’inscrit dans le projet sportif de la fédération et requiert aussi l’obtention de certains niveaux de grades pour le personnel encadrant et la formation d’officiels.

 

La digitalisation peut-elle intervenir comme outil à la fidélisation des licenciés ?  

En effet nous avons un projet de digitalisation en cours avec un groupe de travail dédié. Actuellement le volet digital s’arrête au niveau des clubs, le licencié ne dispose pas d’accès personnel sur le site de la fédération. Il n’existe pas « d’espace licencié », l’équivalent aujourd’hui correspond au format papier qui se présente sous la forme d’un passeport avec le palmarès, le niveau de grade, les formations, l’évolution du licencié…

A la fin des compétitions les résultats sont diffusés par le club et le licencié reçoit un document papier.

Il n’est pas possible non plus de prendre sa licence en ligne et les démarches administratives au format mi-numérique et mi-papier sont parfois fastidieuses.

Ce manque de digitalisation représente un frein au recrutement de nouveaux licenciés et nous devons consacrer une grande partie de notre stratégie au développement et aussi à la sensibilisation des acteurs.

 

Est-ce que ce nouveau projet digital est apparu à la suite d’une demande de vos licenciés ?

Oui, nous avons effectué une enquête à destination des clubs concernant la satisfaction autour de la transmission de l’information de la fédération vers les clubs et licenciés. Majoritairement, nous avons constaté que les licenciés étaient favorables au changement et souhaitaient avoir un accès digital en ce qui concerne leurs informations personnelles.

Nos licenciés forment un mix de génération et nous avons conscience que tout le monde ne peut être satisfait, l’objectif pour la fédération est de former, éduquer et sensibiliser.

 

Avez-vous bénéficié des aides de l’ANS (Agence Nationale du Sport) pour entamer ce projet ?

L’ANS étant favorable à la transformation numérique des fédérations sportives, nous comptons effectivement répondre au fonds d’aide à la transformation numérique en cette année 2022. Nous y avions déjà pensé l’an dernier pour ce qui était de la première campagne de ce fonds d’aide, mais la période coïncidait pratiquement avec l’arrivée de la nouvelle équipe fédérale. Nous avons préféré prendre le temps d’effectuer un état des lieux et d’exprimer et formaliser les besoins de la fédération en ce sens.

 

digitalisation axe prioritaire

 

Nos précédentes interviews auprès des fédérations sportives françaises :

Paul De Keerle : « Le haut niveau sert de moteur de recrutement, c’est un moyen mais pas l’objectif »

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